Fulton Sheen revient à Rochester : une relique du futur bienheureux pour son ancien diocèse
Cinq jours après sa béatification, une relique de première classe de l’évêque-star de la télévision sera confiée à sa cathédrale
Sainte du jour : sainte Teresa de Calcutta
Le 5 septembre, l’Église célèbre sainte Teresa de Calcutta, morte en 1997.
Albanaise de naissance, religieuse formée en Inde et devenue l’une des figures chrétiennes les plus connues du XXe siècle, elle comprit très tôt la puissance des médias modernes.
Comme Fulton Sheen, elle sut utiliser une notoriété mondiale sans faire de cette célébrité une fin en soi.
Chez l’un comme chez l’autre, les médias ne devaient être qu’une porte permettant de parler du Christ.
Summary
The Diocese of Rochester will receive a first-class relic of Archbishop Fulton J. Sheen on September 29, five days after his beatification in St. Louis. The relic, a three-inch portion of bone from Sheen’s left hand, is being gifted by his native Diocese of Peoria. Sheen served as Rochester’s sixth bishop from 1966 to 1969, after becoming one of the most famous Catholic communicators in American history through radio and television. The relic will travel throughout Rochester’s seven deaneries before being permanently displayed at Sacred Heart Cathedral.
Fulton Sheen va revenir à Rochester
Il est mort depuis 1979.
Mais à la fin du mois, Fulton J. Sheen retrouvera symboliquement le diocèse qu’il dirigea pendant trois années.
Le 29 septembre 2026, le diocèse de Peoria remettra officiellement au diocèse de Rochester une relique de première classe de l’ancien archevêque.
La date n’est pas choisie au hasard.
Elle tombera seulement cinq jours après sa béatification prévue le 24 septembre à Saint-Louis.
Une partie d’un os de sa main gauche
La relique est particulièrement concrète.
Il s’agit d’un fragment osseux d’environ trois pouces provenant de la main gauche de Fulton Sheen.
Dans la tradition catholique, une partie du corps d’un saint ou d’un bienheureux constitue une relique dite de première classe.
Après la béatification, elle pourra être publiquement exposée à la vénération des fidèles.
D’abord une messe solennelle
La remise aura lieu à la Sacred Heart Cathedral de Rochester.
Mgr Louis Tylka, évêque de Peoria, apportera personnellement la relique et la remettra à Mgr John S. Bonnici, nouvel évêque de Rochester.
L’événement possède une belle dimension de réconciliation historique.
Peoria est le diocèse natal de Sheen.
Rochester fut son dernier diocèse épiscopal.
Puis la relique parcourra le diocèse
Elle ne restera pas immédiatement dans la cathédrale.
Plusieurs célébrations sont prévues dans les sept doyennés du diocèse durant l’automne.
Les fidèles pourront ainsi venir la vénérer.
Mgr Bonnici prévoit également de l’emporter lors de visites dans des établissements universitaires.
Après cette période itinérante, elle retournera définitivement à la cathédrale.
Un mémorial permanent est prévu
Le diocèse réfléchit déjà à un espace permanent consacré à Fulton Sheen.
Ce mémorial permettra aux visiteurs de découvrir son histoire et de vénérer la relique.
Rochester ne veut donc pas simplement recevoir un souvenir.
Il veut réinscrire Sheen dans sa propre mémoire diocésaine.
Mais pourquoi Rochester ?
Parce que Fulton Sheen fut le sixième évêque de Rochester, de 1966 à 1969.
Cette période fut relativement courte.
Elle fut aussi difficile.
Sheen était déjà une célébrité nationale lorsqu’il arriva.
Il avait derrière lui des décennies de radio et de télévision.
La transition entre le prédicateur médiatique mondial et le gouvernement quotidien d’un diocèse ne fut pas toujours facile.
Avant Rochester, il y avait New York
Sheen fut évêque auxiliaire de New York de 1951 à 1966.
Il dirigea également la Society for the Propagation of the Faith aux États-Unis.
Mais pour des millions d’Américains, son véritable diocèse était leur salon.
Car Sheen avait compris quelque chose avant presque tout le monde :
la télévision allait devenir une nouvelle chaire de prédication.
« Life Is Worth Living »
Son émission la plus célèbre, Life Is Worth Living, commença au début des années 1950.
Le décor était presque minimaliste.
Un évêque.
Une soutane.
Un tableau noir.
Quelques gestes.
Et une capacité exceptionnelle à raconter.
Pas de montage frénétique.
Pas d’effets spéciaux.
Sheen regardait la caméra comme s’il parlait à une seule personne.
Des millions de téléspectateurs
L’émission devint un phénomène.
Sheen parlait de foi.
Mais aussi de psychologie.
De communisme.
D’éducation.
Du mariage.
De la souffrance.
De l’humour.
De la politique.
De la culture.
Le public n’était pas exclusivement catholique.
C’était précisément sa force.
Il faisait de la théologie sans donner l’impression de réciter un manuel.
Un évêque qui savait faire rire
Sheen possédait aussi un talent rare chez les prédicateurs télévisés.
Il savait être drôle.
Son humour permettait de désarmer l’auditeur.
Puis il glissait presque naturellement vers une question métaphysique ou morale.
Cette capacité explique une grande partie de son succès.
Il parlait sérieusement sans devenir pesant.
Un précurseur de l’évangélisation médiatique
Aujourd’hui, les prêtres et évêques utilisent YouTube, Instagram, podcasts et TikTok.
Dans les années 1950, la télévision produisait le même bouleversement.
Certains catholiques la regardaient avec méfiance.
Sheen choisit de l’habiter.
Il ne demanda pas au monde moderne de revenir à la chaire de bois.
Il porta la chaire dans le monde moderne.
L’émission existe encore
Les épisodes de Life Is Worth Living continuent d’être diffusés et restaurés.
Le site consacré à Fulton Sheen conserve aujourd’hui des centaines de vidéos et enregistrements.
EWTN diffuse également ses enseignements.
Soixante-dix ans après leur production, certains épisodes restent étonnamment modernes.
Il parlait aussi des questions très contemporaines
Sheen abordait déjà des thèmes que nous croyons parfois récents.
La fatigue professionnelle.
La psychologie.
La consommation.
La propagande.
La solitude.
Les tensions familiales.
Le rôle de la technologie.
L’idéologie politique.
Le succès.
Il n’avait évidemment pas réponse à tout.
Mais il possédait l’art de ramener ces questions à une interrogation fondamentale :
qu’est-ce qui rend réellement une vie humaine digne d’être vécue ?
La béatification approche enfin
Le chemin vers les autels fut long.
Benoît XVI déclara Fulton Sheen vénérable en 2012.
Une première béatification avait été envisagée pour 2019, puis reportée.
Le dossier fut notamment réexaminé en lien avec la gestion des abus sexuels dans le diocèse de Rochester pendant son épiscopat.
Le processus a finalement pu reprendre, et la béatification est désormais prévue pour le 24 septembre 2026 à Saint-Louis.
Le miracle reconnu
La béatification repose sur la reconnaissance d’un miracle attribué à son intercession.
Il concerne James Fulton Engstrom, né sans pouls en 2010 et dont la survie fut considérée comme médicalement inexplicable après la prière de sa famille demandant l’intercession de Sheen.
La reconnaissance du miracle ouvre donc la voie au titre de bienheureux.
Une nouvelle guérison reconnue serait normalement nécessaire pour une canonisation.
La relique ne sera donc pas une simple curiosité
La tradition catholique ne considère pas les reliques comme des objets magiques.
Elles renvoient à la théologie de l’Incarnation.
Le christianisme affirme que le corps humain a une dignité.
Que la sainteté se vit dans une existence concrète.
Avec un corps.
Des mains.
Une voix.
Une histoire.
Vénérer une relique signifie honorer ce que Dieu a accompli dans une vie.
La main de celui qui écrivait sur son tableau noir
Le fait que la relique provienne de la main de Sheen possède involontairement une puissance symbolique.
Cette main écrivait sur le tableau noir de Life Is Worth Living.
Elle tournait les pages de ses notes.
Elle bénissait.
Elle célébrait la messe.
Elle serrait les mains des fidèles.
Et une petite partie de cette main reviendra désormais dans la cathédrale où il fut évêque.
Rochester accepte aussi toute son histoire
La relation entre Sheen et Rochester ne fut pas toujours simple.
Son épiscopat y fut bref.
Des conflits institutionnels marquèrent cette période.
Le processus de béatification lui-même fut retardé en partie pour permettre un examen plus complet de son action épiscopale.
Installer aujourd’hui sa relique dans la cathédrale ne signifie pas effacer ces complexités.
Cela signifie les intégrer à une histoire plus large.
Peoria et Rochester se réconcilient autour de sa mémoire
Pendant longtemps, les diocèses de Peoria et Rochester furent également liés au contentieux entourant le lieu de sépulture de Sheen.
Ses restes furent finalement transférés à Peoria.
Aujourd’hui, le geste de l’évêque de Peoria envers Rochester donne une tonalité très différente.
La relique devient un lien entre les deux diocèses plutôt qu’un objet de dispute.
Une autre relique ira à New York
Rochester ne sera pas seul.
Mgr Tylka prévoit également de confier une relique à l’archidiocèse de New York, où Sheen fut évêque auxiliaire et où furent enregistrées ses émissions les plus célèbres.
Trois lieux résumeront ainsi presque toute sa vie américaine.
Peoria.
New York.
Rochester.
Le futur bienheureux de la télévision
Fulton Sheen est peut-être le saint catholique américain le plus naturellement associé à l’âge médiatique.
Il ne vivait pas dans un monastère isolé.
Il utilisait les technologies les plus modernes de son époque.
Il recevait des récompenses télévisuelles.
Il était connu du grand public.
Et pourtant, son message demeurait explicitement religieux.
Sa béatification pose donc une question intéressante à l’Église contemporaine.
Peut-on être populaire sans diluer le message ?
Sheen pensait que oui.
Note culturelle : qu’est-ce qu’une relique de première classe ?
La tradition catholique distingue généralement trois catégories de reliques.
Une relique de première classe est une partie du corps du saint ou du bienheureux.
Une relique de deuxième classe est un objet lui ayant appartenu.
Une relique de troisième classe est un objet ayant été mis en contact avec une relique de première classe.
Le Catéchisme de l’Église catholique inscrit la vénération des reliques parmi les formes traditionnelles de piété populaire.
Vidéo
Life Is Worth Living — Quo Vadis America — Fulton Sheen
Cet épisode permet de retrouver directement le style qui fit de Sheen l’un des grands communicateurs religieux de l’histoire de la télévision américaine.
Sources
OSV News : Rochester Diocese to receive first-class Archbishop Sheen relic
The Fulton Sheen video and audio archive
Pour aller plus loin
Frontière, patriotisme et tradition : trois défis pour le catholicisme américain
Les jésuites américains réorganisent leurs noviciats : la fin d’un modèle ?
Pour Fulton Sheen lui-même, je préfère ne pas inventer de troisième permalink interne tant que l’URL exacte d’un ancien article du blog n’est pas vérifiée.
Commenter / S’abonner
Fulton Sheen aurait-il aujourd’hui le même succès sur YouTube ou les réseaux sociaux que sur la télévision des années 1950 ?
Partagez votre avis dans les commentaires et abonnez-vous à God Bless Catholic America.
Commentaires
Enregistrer un commentaire