États-Unis : Léon XIV nomme l’archevêque de San Francisco au tribunal suprême de l’Église
Mgr Salvatore Cordileone devient membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique. Cette nomination met en lumière un prélat américain connu pour son attachement au droit canonique, à la liturgie et à la cohérence eucharistique.
Saint du jour
Saint Pantaléon de Nicomédie, médecin et martyr
Médecin chrétien du début du IVe siècle, Pantaléon aurait exercé son art auprès des pauvres sans demander de paiement. Dénoncé pendant les persécutions de l’empereur Dioclétien, il refusa de renier le Christ et fut mis à mort.
Sa figure rappelle que, dans la tradition chrétienne, le soin médical ne se réduit pas à une opération technique. Il engage une certaine conception de la personne humaine, de sa dignité et de sa vulnérabilité.
Résumé
Pope Leo XIV has appointed Archbishop Salvatore Cordileone of San Francisco as a member of the Supreme Tribunal of the Apostolic Signatura, the Catholic Church’s highest judicial authority after the pope. A canon lawyer who previously served at the tribunal, Cordileone brings extensive legal and pastoral experience to the position. He will remain Archbishop of San Francisco while serving a five-year term in Rome’s highest court. The appointment may strengthen the American presence in the governance of the universal Church while renewing attention to the role of canon law as an instrument of justice rather than merely ecclesiastical administration.
Article
Le pape Léon XIV a nommé Mgr Salvatore Cordileone, archevêque de San Francisco, membre du Tribunal suprême de la Signature apostolique. L’annonce a été publiée par le Saint-Siège le 25 juillet.
La Signature apostolique constitue la plus haute juridiction de l’Église catholique après le pape. Elle juge notamment certains recours contre des décisions administratives ecclésiastiques, surveille le bon fonctionnement des tribunaux de l’Église et traite diverses questions concernant l’administration de la justice canonique.
Mgr Cordileone continuera de gouverner l’archidiocèse de San Francisco. Sa nomination comme membre du tribunal romain ne constitue donc pas un transfert, mais une responsabilité supplémentaire, normalement exercée pour un mandat de cinq ans.
Le choix n’est guère surprenant du point de vue de sa formation. Né à San Diego en 1956, Salvatore Cordileone a étudié la théologie puis le droit canonique à l’Université pontificale grégorienne. Il a obtenu un doctorat en droit canonique et a déjà travaillé à Rome, notamment comme défenseur du lien auprès de la Signature apostolique.
Le défenseur du lien intervient particulièrement dans les causes matrimoniales. Il a pour mission de présenter les arguments favorables à la validité du mariage lorsqu’un tribunal ecclésiastique examine une demande de déclaration de nullité. Ce rôle demande à la fois une connaissance juridique précise et une compréhension théologique du sacrement.
Nommé évêque auxiliaire de San Diego par Jean-Paul II en 2002, Mgr Cordileone devint évêque d’Oakland en 2009, puis archevêque de San Francisco en 2012. Il dirige aujourd’hui l’un des archidiocèses les plus visibles des États-Unis, implanté au cœur d’une région marquée par l’innovation technologique, une grande diversité culturelle et une sécularisation avancée.
L’archevêque est également connu pour ses prises de position sur le mariage, l’avortement et la cohérence eucharistique. En 2022, il avait demandé à Nancy Pelosi, alors présidente de la Chambre des représentants, de ne pas se présenter à la communion en raison de son soutien public au droit à l’avortement.
Cette décision avait provoqué une vive controverse. Pour ses défenseurs, Mgr Cordileone rappelait qu’une responsabilité politique publique peut entrer en contradiction manifeste avec l’enseignement moral de l’Église. Pour ses détracteurs, il transformait l’Eucharistie en instrument de combat partisan.
La nomination à la Signature apostolique ne doit pourtant pas être lue uniquement à travers les querelles politiques américaines. Elle correspond d’abord au profil d’un canoniste expérimenté. Elle rappelle aussi que le gouvernement de l’Église universelle ne repose pas seulement sur des orientations pastorales, mais sur des procédures, des droits et des possibilités de recours.
Le droit canonique souffre parfois d’une réputation peu séduisante. Il évoque facilement le règlement, le formulaire et le bureau où manque toujours le bon tampon. Il répond pourtant à une nécessité spirituelle autant qu’institutionnelle : empêcher que l’autorité ecclésiastique s’exerce selon l’humeur ou le rapport de forces.
Les fidèles, les prêtres, les communautés religieuses et les diocèses disposent de droits reconnus par l’Église. Ils doivent pouvoir contester certaines décisions et obtenir un jugement fondé sur des normes communes. Sans droit, la pastorale elle-même risque de devenir arbitraire.
La présence de deux évêques américains parmi les nouveaux membres, Mgr Cordileone et Mgr Edward Lohse de Kalamazoo, confirme aussi le poids croissant de l’épiscopat des États-Unis dans les institutions centrales de l’Église.
Il serait cependant prématuré d’interpréter cette nomination comme la victoire d’un courant idéologique. Léon XIV semble plutôt rechercher des responsables possédant une compétence réelle dans leur domaine. Dans le cas de Mgr Cordileone, cette compétence canonique est ancienne, documentée et directement liée au travail de la Signature.
Le véritable enjeu sera de montrer que le droit de l’Église peut servir la communion. La justice canonique ne remplace ni la charité ni le discernement pastoral, mais elle empêche que ceux-ci deviennent des mots commodes permettant d’éviter toute règle. Même dans l’Église, et peut-être surtout dans l’Église, la miséricorde ne gagne rien à l’arbitraire.
Note culturelle
Mgr Cordileone a fondé le Benedict XVI Institute for Sacred Music and Divine Worship, qui encourage la création artistique et le renouveau de la musique sacrée. L’institut commande notamment des œuvres contemporaines inspirées par la tradition catholique.
Cette initiative mérite attention dans un pays où le catholicisme a souvent hésité entre l’imitation de la culture populaire et la conservation nostalgique d’un patrimoine européen. Le projet de l’archevêque cherche une troisième voie : produire une culture catholique contemporaine sans renoncer à la beauté liturgique héritée des siècles.
Sources
Saint-Siège : nomination des nouveaux membres de la Signature apostolique
Archidiocèse de San Francisco : biographie de Mgr Salvatore Cordileone
Archidiocèse de San Francisco : le parcours de l’archevêque
Pour aller plus loin
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La nomination d’un évêque connu pour ses positions fermes peut-elle contribuer à réconcilier droit canonique, justice et pastorale ? Ou les polémiques politiques américaines risquent-elles d’éclipser sa compétence juridique ?
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