đź—ł️ Le vote catholique aux États-Unis : de Kennedy jusqu’au retour de Trump

 

đź—ł️ Le vote catholique aux États-Unis : de Kennedy  jusqu’au retour de Trump







The Catholic vote in the United States has evolved from a marginalized immigrant bloc into a decisive swing electorate. Kennedy’s 1960 election symbolized full political integration, Roe v. Wade in the 1970s pushed many Catholics toward the GOP, and Reagan consolidated them in the 1980s. By the 21st century, Catholics became a mosaic: white Catholics leaning Republican, Hispanic Catholics largely Democratic, and Biden’s 2020 victory highlighting internal divisions. In 2024, Trump captured 54% of Catholic votes, strengthening his grip among whites and gaining ground with Hispanics. Today, the Catholic vote remains a mirror of America’s divisions and a crucial key to the White House.


En 1960, John Fitzgerald Kennedy se dressa face Ă  une AmĂ©rique encore mĂ©fiante envers les catholiques. Beaucoup redoutaient que sa fidĂ©litĂ© aille au pape plutĂ´t qu’Ă  la Constitution. Ă€ Houston, dans un discours devenu lĂ©gendaire, il promit que sa conscience politique ne serait pas gouvernĂ©e par Rome mais par le peuple amĂ©ricain. Son Ă©lection, triomphale, fut une reconnaissance : les catholiques, longtemps considĂ©rĂ©s comme des Ă©trangers, entraient enfin au cĹ“ur de la nation. Pour les immigrĂ©s irlandais, italiens ou polonais, cette victoire reprĂ©sentait plus qu’un mandat : elle consacrait leur intĂ©gration.

Cet Ă©lan unitaire ne dura pas. Dans les annĂ©es 1970, la lĂ©galisation de l’avortement par l’arrĂŞt Roe v. Wade provoqua une fracture profonde. Une partie de l’Ă©lectorat catholique, jusque-lĂ  fidèle au Parti dĂ©mocrate, se tourna vers les rĂ©publicains. Ronald Reagan capta cette Ă©nergie : en 1980 et 1984, il sĂ©duisit massivement les « Reagan Democrats », ces ouvriers catholiques qui troquaient le New Deal contre le conservatisme moral et la promesse de grandeur nationale. Le vote catholique devenait un champ de bataille, oscillant entre les partis et capable de renverser un scrutin.

Le XXIᵉ siècle confirma cette diversitĂ©. Les catholiques blancs, souvent plus pratiquants, votèrent de plus en plus rĂ©publicain, motivĂ©s par les questions bioĂ©thiques et identitaires. Les catholiques hispaniques, eux, demeurèrent globalement attachĂ©s au Parti dĂ©mocrate, mais une partie commença Ă  basculer, sensible au discours sur l’Ă©conomie et la sĂ©curitĂ©. Les minoritĂ©s afro-amĂ©ricaines et asiatiques restèrent plutĂ´t dĂ©mocrates. L’Ă©lectorat catholique devint ainsi une mosaĂŻque : il ne formait plus un bloc, mais un miroir fidèle des divisions de la sociĂ©tĂ© amĂ©ricaine.

En 2020, Joe Biden, deuxième prĂ©sident catholique, brandit son chapelet comme un signe intime de fidĂ©litĂ© et d’espĂ©rance. Sa foi, empreinte de deuils familiaux et de piĂ©tĂ© populaire, toucha des millions de fidèles. Mais ses positions sur l’avortement ou les droits sociaux provoquèrent des critiques de la part d’une partie de l’Ă©piscopat. Le vote catholique reflĂ©ta ce paradoxe : une majoritĂ© de catholiques blancs soutint Donald Trump, tandis que les hispaniques et les progressistes se rangèrent derrière Biden.

En 2024, Donald Trump accentua encore ce mouvement. Selon AP VoteCast, il remporta environ 54 % du vote catholique contre 44 % pour Kamala Harris. Les catholiques blancs l’appuyèrent massivement, mais le vĂ©ritable changement fut du cĂ´tĂ© hispanique : sans cesser de pencher majoritairement vers les dĂ©mocrates, une part significative glissa vers le camp rĂ©publicain. Dans les États dĂ©cisifs comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et l’Arizona, ce basculement fut dĂ©terminant. Un analyste de Georgetown rĂ©suma la situation d’une formule nette : « Qui gagne le vote catholique gagne souvent la Maison Blanche. »

Ainsi, du discours de Kennedy au retour de Trump, le vote catholique a accompagnĂ© l’histoire politique amĂ©ricaine, tour Ă  tour ciment de l’intĂ©gration, marqueur de fractures et arbitre d’Ă©lections. Swing vote par excellence, il incarne la complexitĂ© d’un pays oĂą religion, culture et politique s’entrelacent. Les catholiques ne parlent pas d’une seule voix, mais leur polyphonie continue de donner le rythme des prĂ©sidences.


Key Points (in English)

  • Kennedy’s 1960 election broke barriers, integrating Catholics into U.S. politics.

  • Roe v. Wade shifted many Catholics to the GOP in the 1970s.

  • Reagan won Catholic majorities in the 1980s, creating “Reagan Democrats.”

  • By the 21st century, Catholics became a mosaic: whites Republican, Hispanics Democratic.

  • Biden in 2020 embodied Catholic identity but revealed deep divisions.

  • Trump in 2024 captured 54% of Catholics, decisive in swing states.


Sources

  • AP VoteCast, rĂ©sultats 2024 (AP News, 2024).

  • Pew Research Center, Religious Landscape and Voting Behavior (2016–2024).

  • John T. McGreevy, Catholicism and American Freedom (2003).

  • Thomas Reese SJ, analyses, Religion News Service.

  • Catholic Standard, « Much-courted Catholic vote expected to be narrowly divided » (2024).

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